31/12/2005

L'Eveil de l'Amour

L'Eveil de l'amour

Edouard BISSON:

peintre du XIXeme siècle, né à Paris le 6 avril 1856.

Tableau au décor onirique et aux lignes harmonieuses

qui réunit des nymphes venant se livrer à leurs gracieux ébats.

Jeunes, sveltes et belles, en leurs tuniques légères,

elles fuient vers la découverte de l'amour.

contrée merveilleuse où les poètes aiment à s'égarer,

Edouard BISSON saisira ces paysages de rêve,

ainsi que des agrestes divinités qui les habitent.

*****

Ce tableau à été exposé au Salon des Artistes Français de 1902.


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30/12/2005

Fantaisie

Le petit Trianon * Emile Charles Dameron*

Fantaisie

Il est un air pour qui je donnerais

Tout Rossini, tout Mozart et tout Weber,

Un air très vieux, languissant et funèbre,

Qui pour moi seul a des charmes secrets.


Or, chaque fois que je viens à l'entendre,

De deux cents ans mon âme rajeunit:

C'est sous Louis-Treize... -et je crois voir s'étendre

Un coteau vert que le couchant jaunit;


Puis un château de brique à coins de pierre,

Aux vitraux teints de rougeâtres couleurs,

Ceint de grands parcs, avec une rivière

Baignant ses pieds, qui coule entre des fleurs.


Puis une dame, à sa haute fenêtre,

Blonde aux yeux noirs, en ses habits anciens...

Que, dans une autre existence, peut-être,

J'ai déjà vue -et dont je me souviens!

 

Gerard de Nerval

1805-1855

**Odelettes**

 


Versailles Castle View *Isadore Deroy*



 



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29/12/2005

Heureux qui......

 

Heureux qui, comme Ulysse...

Heureux qui, comme Ulysse, a fait un beau voyage,
Ou comme cestuy là qui conquist la toison,
Et puis est retourné, plein d'usage et raison,
Vivre entre ses parents le reste de son aage !

Quand revoiray-je, hélas, de mon petit village
Fumer la cheminee, et en quelle saison
Revoiray-je le clos de ma pauvre maison,
Qui m'est une province, et beaucoup d'avantage ?

Plus me plaist le sejour qu'ont basty mes ayeux,
Que des palais Romains le front audacieux :
Plus que le marbre dur me plaist l'ardoise fine,

Plus mon Loyre Gaulois que le Tybre Latin,
Plus mon petit Lyré que le mont Palatin,
Et plus que l'air marin la douceur Angevine.

J.du Bellay (1522-1560)

regrets

 



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Demain dès l'aube

Neige -Huile sur toile du peintre  C. Lavit

Demain, dès l'aube...

Demain, dès l'aube, à l'heure où blanchit la campagne,
Je partirai. Vois-tu, je sais que tu m'attends.
J'irai par la forêt, j'irai par la montagne.
Je ne puis demeurer loin de toi plus longtemps.

Je marcherai les yeux fixés sur mes pensées,
Sans rien voir au dehors, sans entendre aucun bruit,
Seul, inconnu, le dos courbé, les mains croisées,
Triste, et le jour pour moi sera comme la nuit.

Je ne regarderai ni l'or du soir qui tombe,
Ni les voiles au loin descendant vers Harfleur,
Et quand j'arriverai, je mettrai sur ta tombe
Un bouquet de houx vert et de bruyère en fleur.

3 septembre 1847.

Victor Hugo (1802-1885),

Les Contemplations(1856)




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Mignonne, allons voir

 


A Cassandre

Mignonne, allons voir si la rose
Qui ce matin avoit desclose
Sa robe de pourpre au Soleil,
A point perdu ceste vesprée
Les plis de sa robe pourprée,
Et son teint au vostre pareil.

Las ! voyez comme en peu d'espace,
Mignonne, elle a dessus la place
Las ! las ses beautez laissé cheoir !
Ô vrayment marastre Nature,
Puis qu'une telle fleur ne dure
Que du matin jusques au soir !

Donc, si vous me croyez, mignonne,
Tandis que vostre âge fleuronne
En sa plus verte nouveauté,
Cueillez, cueillez vostre jeunesse :
Comme à ceste fleur la vieillesse
Fera ternir vostre beauté.


Pierre de RONSARD (1524-1585)
(Recueil : Les Odes)




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