05/11/2017

Ronsard

 

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À Ronsard


Ô maître des charmeurs de l'oreille, ô Ronsard,
 
J'admire tes vieux vers, et comment ton génie
 
Aux lois d'un juste sens et d'une ample harmonie
 
Sait dans le jeu des mots asservir le hasard.

Mais, plus que ton beau verbe et plus que ton grand art,
 
J'aime ta passion d'antique poésie
 
Et cette téméraire et sainte fantaisie
 
D'être un nouvel Orphée aux hommes nés trop tard.

Ah ! Depuis que les cieux, les champs, les bois et l'onde
 
N'avaient plus d'âme, un deuil assombrissait le monde,
 
Car le monde sans lyre est comme inhabité !

Tu viens, tu ressaisis la lyre, tu l'accordes, 
Et, fier, tu rajeunis la gloire des sept cordes,
 
Et tu refais aux dieux une immortalité.

 

René-François SULLY PRUDHOMME

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17/10/2013

je t'aime,je t'aimais, je t'aimerai - Francis Cabrel

 Je T'aimais, Je T'aime, Je T'aimerai

Francis Cabrel

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Mon enfant nue sur les galets


Le vent dans tes cheveux défaits

Comme un printemps sur mon trajet

Un diamant tombé d'un coffret

Seule la lumière pourrait

Défaire nos repères secrets

Où mes doigts pris sur tes poignets

Je t'aimais, je t'aime et je t'aimerai

Quoi que tu fasses

L'amour est partout où tu regardes

Dans les moindres recoins de l'espace

Dans le moindre rêve où tu t'attardes

L'amour comme s'il en pleuvait

Nu sur les galets

Le ciel prétend qu'il te connaît

Il est si beau c'est sûrement vrai

Lui qui ne s'approche jamais

Je l'ai vu pris dans tes filets

Le monde a tellement de regrets

Tellement de choses qu'on promet

Une seule pour laquelle je suis fait

Je t'aimais, je t'aime et je t'aimerai

Quoi que tu fasses

L'amour est partout où tu regardes

Dans les moindres recoins de l'espace

Dans le moindre rêve où tu t'attardes

L'amour comme s'il en pleuvait

Nu sur les galets

On s'envolera du même quai

Les yeux dans les mêmes reflets

Pour cette vie et celle d'après

Tu seras mon unique projet

Je m'en irai poser tes portraits

A tous les plafonds de tous les palais

Sur tous les murs que je trouverai

Et juste en dessous, j'écrirai

Que seule la lumière pourrait…

Et mes doigts pris sur tes poignets

 

Je t'aimais, je t'aime, je t'aimerai

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14/11/2012

La Lune (Théodore de Banville)

 

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15/01/2012

Amélie de Raymond Radiguet

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19/03/2011

Helas ! combien de jours, helas ! combien de nuicts

 

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Helas ! combien de jours, helas ! combien de nuicts

Helas ! combien de jours, helas ! combien de nuicts
J'ay vescu loing du lieu, où mon cueur fait demeure !
C'est le vingtiesme jour que sans jour je demeure,
Mais en vingt jours j'ay eu tout un siecle d'ennuis.

Je n'en veux mal qu'à moy, malheureux que je suis,
Si je souspire en vain, si maintenant j'en pleure ;
C'est que, mal advisé, je laissay, en mal'heure,
Celle la que laisser nulle part je ne puis.

J'ay honte que desja ma peau decoulouree
Se voit par mes ennuis de rides labouree :
J'ay honte que desja les douleurs inhumaines

Me blanchissent le poil sans le congé du temps.
Encor moindre je suis au compte de mes ans,
Et desja je suis vieux au compte de mes peines.

 

Etienne de la Boëtie ( 1530-1563)

 

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26/12/2010

La vie n'a pas d'âge ** Jacques Prevert**

 

 

La vie n'a pas d'âge!

 

La vraie jeunesse ne s'use pas

on a beau l'appeler souvenir

on a beau dire qu'elle disparaît

on a beau dire et vilain dire que tout s'en va.

 

Tout ce qui est vrai reste là

quand la vérité est laide c'est une bien fâcheuse histoire

quand la vérité est belle rien ne ternit son miroir.

 

Les gens très âgés remontent en enfance

et leur cœur bat

là où il n'y a plus d'autrefois.

 

Auteur : Jacques Prévert (1900-1977)

 

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La nuit ne sera jamais complète de Paul Eluard

   

 

 

 

 

 

 

 

 

La nuit n'est jamais complète.
   

     

La nuit n'est jamais complète. 
Il y a toujours puisque je le dis, 
Puisque je l'affirme, 
Au bout du chagrin, 
une fenêtre ouverte, 
une fenêtre éclairée. 
Il y a toujours un rêve qui veille, 
désir à combler, 
faim à satisfaire, 
un cœur généreux, 
une main tendue, 
une main ouverte, 
des yeux attentifs, 
une vie : la vie à se partager. 

Paul Éluard.

     

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LE PETIT PRINCE de A.Saint Exupery " Les gens ont des étoiles"

* Rêver *

Les gens ont des étoiles qui ne sont pas les mêmes.

Pour les uns, qui voyagent, les étoiles sont les guides.

Pour d'autres elles ne sont rien que de petites lumières.

Pour d'autres, qui sont savants, elles sont des problèmes.

Pour mon businessman, elles étaient de l'or.

Mais toutes ces étoiles-là se taisent. 

Toi, tu auras des étoiles comme personne n'en a.. 

Quand tu regarderas le ciel, la nuit, puisque j'habiterai dans l'une d'elle, puisque je rirai dans l'une d'elles, alors ce sera pour toi comme si riaient toutes les étoiles.

Tu auras, toi, les étoiles qui savent rire !

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23/09/2010

Le miracle de l'Amour P.de Marboeuf

 

 

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Le miracle de l’Amour

« à Philis » 

« Et la mer et l'amour ont l'amer pour partage,
Et la mer est amère, et l'amour est amer,
L'on s'abîme en l'amour aussi bien qu'en la mer,
Car la mer et l'amour ne sont point sans orage.

Celui qui craint les eaux qu'il demeure au rivage,
Celui qui craint les maux qu'on souffre pour aimer,
Qu'il ne se laisse pas à l'amour enflammer,
Et tous deux ils seront sans hasard de naufrage.

La mère de l'amour eut la mer pour berceau,
Le feu sort de l'amour, sa mère sort de l'eau,
Mais l'eau contre ce feu ne peut fournir des armes.

Si l'eau pouvait éteindre un brasier amoureux,
Ton amour qui me brûle est si fort douloureux,
Que j'eusse éteint son feu de la mer de mes larmes. »

Pierre de Marboeuf *1596.1645*

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14/07/2010

Le coucher de soleil romantique (charles Baudelaire)

 

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Le coucher du soleil romantique

 


Que le soleil est beau quand tout frais il se lève,
Comme une explosion nous lançant son bonjour !
- Bienheureux celui-là qui peut avec amour
Saluer son coucher plus glorieux qu'un rêve !

Je me souviens ! J'ai vu tout, fleur, source, sillon,
Se pâmer sous son oeil comme un coeur qui palpite...
- Courons vers l'horizon, il est tard, courons vite,
Pour attraper au moins un oblique rayon !

Mais je poursuis en vain le Dieu qui se retire ;
L'irrésistible Nuit établit son empire,
Noire, humide, funeste et pleine de frissons ;

Une odeur de tombeau dans les ténèbres nage,
Et mon pied peureux froisse, au bord du marécage,
Des crapauds imprévus et de froids limaçons.

 

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02/07/2010

Le vase brisé (Sully Prudhomme)

poème vase brisé

Le Vase brisé


Le vase où meurt cette verveine
D’un coup d’éventail fut fêlé ;
Le coup dut effleurer à peine :
Aucun bruit ne l’a révélé.

Mais la légère meurtrissure,
Mordant le cristal chaque jour,
D’une marche invisible et sûre
En a fait lentement le tour.

Son eau fraîche a fui goutte à goutte,
Le suc des fleurs s’est épuisé ;
Personne encore ne s’en doute ;
N’y touchez pas, il est brisé.

Souvent aussi la main qu’on aime,
Effleurant le coeur, le meurtrit ;
Puis le coeur se fend de lui-même,
La fleur de son amour périt ;

Toujours intact aux yeux du monde,
Il sent croître et pleurer tout bas
Sa blessure fine et profonde ;
Il est brisé, n’y touchez pas.

Sully Prudhomme (1839-1907)

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30/03/2010

Les yeux ** Sully Prudhomme**



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Les yeux

Bleus ou noirs, tous aimés, tous beaux,
Des yeux sans nombre ont vu l’aurore ;
Ils dorment au fond des tombeaux
Et le soleil se lève encore

Les nuits plus douces que les jours
Ont enchanté des yeux sans nombre ;
Les étoiles brillent toujours
Et les yeux se sont remplis d’ombre

Oh ! Qu’ils aient perdu leur regard,
Non, non, cela n’est pas possible
Ils se sont tournés quelque part,
Vers ce qu’on nomme l’invisible

Et comme les astres penchants
Nous quittent, mais au ciel demeurent,
Les prunelles ont leurs couchants
Mais il n’est pas vrai qu’elles meurent

Bleus ou noirs, tous aimés, tous beaux,
Ouverts à quelqu’immense aurore,
De l’autre côté des tombeaux,
Les yeux qu’on ferme voient encore.

Sully Prudhomme (1839-1907)

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10/03/2010

A Elvire ** Alphonse de Lamartine**

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A ELVIRE

Alphonse de Lamartine

 

Oui, l'Anio murmure encore
Le doux nom de Cynthie aux rochers de Tibur,
Vaucluse a retenu le nom chéri de Laure,
Et Ferrare au siècle futur
Murmurera toujours celui d'Eléonore!
Heureuse la beauté que le poète adore!
Heureux le nom qu'il a chanté!
Toi, qu'en secret son culte honore,
Tu peux, tu peux mourir! dans la postérité
Il lègue à ce qu'il aime une éternelle vie;
Et l'amante et l'amant sur l'aile du génie
Montent, d'un vol égal, à l'immortalité!
Ah! si mon frêle esquif, battu par la tempête,
Grâce à des vents plus doux, pouvait surgir au port?
Si des soleils plus beaux se levaient sur ma tête?
Si les pleurs d'une amante, attendrissant le sort,
Ecartaient de mon front les ombres de la mort?
Peut-être?..., oui, pardonne, ô maître de la lyre!
Peut-être j'oserais, et que n'ose un amant?
Egaler mon audace à l'amour qui m'inspire,
Et, dans des chants rivaux célébrant mon délire,
De notre amour aussi laisser un monument!
Ainsi le voyageur qui dans son court passage
Se repose un moment à l'abri du vallon,
Sur l'arbre hospitalier dont il goûta l'ombrage
Avant que de partir, aime à graver son nom!

Vois-tu comme tout change ou meurt dans la nature?
La terre perd ses fruits, les forêts leur parure;
Le fleuve perd son onde au vaste sein des mers;
Par un souffle des vents la prairie est fanée,
Et le char de l'automne, au penchant de l'année,
Roule, déjà poussé par la main des hivers!
Comme un géant armé d'un glaive inévitable,
Atteignant au hasard tous les êtres divers,
Le Temps avec la Mort, d'un vol infatigable
Renouvelle en fuyant ce mobile univers!
Dans l'éternel oubli tombe ce qu'il moissonne :
Tel un rapide été voit tomber sa couronne
Dans la corbeille des glaneurs!
Tel un pampre jauni voit la féconde automne
Livrer ses fruits dorés au char des vendangeurs!
Vous tomberez ainsi, courtes fleurs de la vie!
Jeunesse, amour, plaisir, fugitive beauté!
Beauté, présent d'un jour que le ciel nous envie,
Ainsi vous tomberez, si la main du génie
Ne vous rend l'immortalité!

Vois d'un oeil de pitié la vulgaire jeunesse,
Brillante de beauté, s'enivrant de plaisir!
Quand elle aura tari sa coupe enchanteresse,
Que restera-t-il d'elle? à peine un souvenir :
Le tombeau qui l'attend l'engloutit tout entière,
Un silence éternel succède à ses amours;
Mais les siècles auront passé sur ta poussière,


Elvire, et tu vivras toujours!

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27/09/2009

Brise marine (Stéphane Mallarmé)




vernet tempète



Brise marine

La chair est triste, hélas ! et j'ai lu tous les livres.
Fuir ! là-bas fuir! Je sens que des oiseaux sont ivres
D'être parmi l'écume inconnue et les cieux !
Rien, ni les vieux jardins reflétés par les yeux


Ne retiendra ce coeur qui dans la mer se trempe
Ô nuits ! ni la clarté déserte de ma lampe
Sur le vide papier que la blancheur défend
Et ni la jeune femme allaitant son enfant.


Je partirai ! Steamer balançant ta mâture,
Lève l'ancre pour une exotique nature !
Un Ennui, désolé par les cruels espoirs,
Croit encore à l'adieu suprême des mouchoirs !


Et, peut-être, les mâts, invitant les orages,
Sont-ils de ceux qu'un vent penche sur les naufrages
Perdus, sans mâts, sans mâts, ni fertiles îlots ...
Mais, ô mon coeur, entends le chant des matelots !

Stéphane Mallarmé  (1842-1898)

 

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16/09/2009

A sa lyre( Pierre de Ronsard)

  femme a la lyre

 

 

A sa lyre

Naguiere chanter je voulois
Comme Francus au bord Gaulois
Avecq' sa troupe vint descendre,
Mais mon luc pinçé de mon doi,
Ne vouloit en dépit de moi
Que chanter Amour, et Cassandre.

Je pensoi pource que toujours
J'avoi dit sur lui mes amours,
Que ses cordes par long usage
Chantoient d'amour, et qu'il faloit 
En mettre d'autres, s'on vouloit
Luy aprendre un autre langage.

Et pour ce faire, il n'y eut fust,
Archet, ne corde, qui ne fust
Echangée en d'autres nouvelles :
Mais apres qu'il fut remonté,
Plus haut que davant a chanté
Comme il souloit, les damoyselles.

Or adieu doncq' pauvre Francus,
Ta gloire, sous tes murs veinqus,
Se cachera toujours pressée,
Si, à ton neveu, nostre Roi,
Tu ne dis qu'en l'honneur de toi,

Il face ma Lyre crossée.

 

Pierre de Ronsard

 (1524-1585)

 


 

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17/05/2009

Vers dorés (Gérard de Nerval)

siriusmanstars
Vers dorés

Homme ! libre penseur - te crois-tu seul pensant
Dans ce monde où la vie éclate en toute chose :
Des forces que tu tiens ta liberté dispose,
Mais de tous tes conseils l'univers est absent.

Respecte dans la bête un esprit agissant : ...
Chaque fleur est une âme à la Nature éclose ;
Un mystère d'amour dans le métal repose :
"Tout est sensible ! " - Et tout sur ton être est puissant !

Crains dans le mur aveugle un regard qui t'épie
A la matière même un verbe est attaché ...
Ne la fais pas servir à quelque usage impie !

Souvent dans l'être obscur habite un Dieu caché ;
Et comme un oeil naissant couvert par ses paupières,
Un pur esprit s'accroît sous l'écorce des pierres !

Gerard de Nerval

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03/09/2008

Comme un voilier**de William Blake**

 

NUAGES SUR VOILIER

 

COMME UN VOILIER

Poème de William Blake



Je suis debout au bord de la plage.

Un voilier passe dans la brise du matin,

et part vers l'océan.

Il est la beauté, il est la vie.

Je le regarde jusqu'à ce qu'il disparaisse à l'horizon.

Quelqu'un à mon côté dit : « il est parti !»


Parti vers où ?

Parti de mon regard, c'est tout !

Son mât est toujours aussi haut,

sa coque a toujours la force de porter

sa charge humaine.

Sa disparition totale de ma vue est en moi,

pas en lui.


Et juste au moment où quelqu'un prés de moi

dit : «il est parti !»

il en est d'autres qui le voyant poindre à l'horizon

et venir vers eux s'exclament avec joie :

«Le voilà !»

******************

C'est ça la mort !

Il n'y a pas de morts.

Il y a des vivants sur les deux rives.

William Blake

 

 

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19/11/2007

François Tristan L'Hermite : les songes funestes

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Delacroix* Apollon *(détail)

Les songes funestes

Cette nuit en dormant d'un somme inquiété,
J'ai toujours combattu de tristes rêveries,
La clarté d'un tison dans une obscurité
M'a fait à l'impourvu paraître des Furies.

Près de moi la Discorde, et l'Infidélité
Montraient leur violence en mille barbaries,
Et de sang épandu, partout leur cruauté
Souillait l'argent de l'onde, et l'émail des prairies.

Troublé de ces horreurs je ne sais que penser,
Si ce n'est que le ciel me veuille menacer
De quelque changement en l'âme de Silvie.

Songe, fantôme affreux, noir ennemi du jour,
Parle-moi si tu veux de la fin de ma vie,
Mais ne m'annonce point la fin de son amour !

François Tristan l'Hermite

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François-TristanL'Hermite - L'extase d'un baiser -

COUPLE ROSE ROUGE
 

L'extase d'un baiser

Au point que j'expirais, tu m'as rendu le jour
Baiser, dont jusqu'au coeur le sentiment me touche,
Enfant délicieux de la plus belle bouche
Qui jamais prononça les Oracles d'Amour.

Mais tout mon sang s'altère, une brûlante fièvre
Me ravit la couleur et m'ôte la raison ;
Cieux ! j'ai pris à la fois sur cette belle lèvre
D'un céleste Nectar et d'un mortel poison.

Ah ! mon Ame s'envole en ce transport de joie !
Ce gage de salut, dans la tombe m'envoie ;
C'est fait ! je n'en puis plus, Élise je me meurs.

Ce baiser est un sceau par qui ma vie est close :
Et comme on peut trouver un serpent sous des fleurs,
J'ai rencontré ma mort sur un bouton de rose.

François Tristan L'Hermite

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François - Tristan L'Hermite - Jalousie -

 La chasse de Diane (Giordano Luca

La chasse de Diane (Giordano Luca)

Jalousie

Telle qu'était Diane, alors qu'imprudemment
L'infortuné chasseur la voyait toute nue,
Telle dedans un bain Clorinde s'est tenue,
N'ayant le corps vêtu que d'un moite élément.

Quelque dieu dans ces eaux caché secrètement
A vu tous les appas dont la belle est pourvue,
Mais s'il n'en avait eu seulement que la vue,
Je serais moins jaloux de son contentement.

Le traître, l'insolent, n'étant qu'une eau versée,
L'a baisée en tous lieux, l'a toujours embrassée ;
J'enrage de colère à m'en ressouvenir.

Cependant cet objet dont je suis idolâtre
Après tous ces excès n'a fait pour le punir
Que donner à son onde une couleur d'albâtre.

 François-Tristan l'HERMITE

(1601-1655)

Plainte d'Agante

 

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19/09/2007

L'Amour * Marceline Desbordes-Valmore*


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L'amour


Vous demandez si l'amour rend heureuse ;
Il le promet, croyez-le, fût-ce un jour.
Ah ! pour un jour d'existence amoureuse,
Qui ne mourrait ? la vie est dans l'amour.

Quand je vivais tendre et craintive amante,
Avec ses feux je peignais ses douleurs :
Sur son portrait j'ai versé tant de pleurs,
Que cette image en paraît moins charmante.

Si le sourire, éclair inattendu,
Brille parfois au milieu de mes larmes,
C'était l'amour ; c'était lui, mais sans armes ;
C'était le ciel... qu'avec lui j'ai perdu.

Sans lui, le coeur est un foyer sans flamme ;
Il brûle tout, ce doux empoisonneur.
J'ai dit bien vrai comme il déchire une âme :
Demandez-donc s'il donne le bonheur !

Vous le saurez : oui, quoi qu'il en puisse être,
De gré, de force, amour sera le maître ;
Et, dans sa fièvre alors lente à guérir,
vous souffrirez, ou vous ferez souffrir.

Dès qu'on l'a vu, son absence est affreuse ;
Dès qu'il revient, on tremble nuit et jour ;
Souvent enfin la mort est dans l'amour ;
Et cependant... oui, l'amour rend heureuse !

 

Marceline Desbordes-Valmore

(1786-1859)

 

 

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18/09/2007

chanson du geolier

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Chanson du geolier

Où vas-tu beau geôlier
Avec cette clé tachée de sang


Je vais délivrer celle que j'aime
S'il en est encore temps
Et que j'ai enfermée
Tendrement cruellement
Au plus secret de mon désir
Au plus profond de mon tourment
Dans les mensonges de l'avenir
Dans les bêtises des serments


Je veux la délivrer


Je veux qu'elle soit libre
Et même de m'oublier
Et même de s'en aller
Et même de revenir
Et encore de m'aimer
Ou d'en aimer un autre
Si un autre lui plaît


Et si je reste seul
Et elle en allée
Je garderai seulement
Je garderai toujours
Dans mes deux mains en creux
Jusqu'à la fin de mes jours
La douceur de ses seins modelés par l'amour

 

Jacques Prévert

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Chanson de l'oiseleur (J.Prévert)

Je suis l'oiseau

 

CHANSON DE L' OISELEUR

L'oiseau qui vole si doucement 
L'oiseau rouge et tiède comme le sang 
L'oiseau si tendre l'oiseau moqueur 
L'oiseau qui soudain prend peur 
L'oiseau qui soudain se cogne 
L'oiseau qui voudrait s'enfuir 
L'oiseau seul et affolé 
L'oiseau qui voudrait vivre 
L'oiseau qui voudrait chanter 
L'oiseau qui voudrait crier 
L'oiseau rouge et tiède comme le sang 
L'oiseau qui vole si doucement 
C'est ton coeur jolie enfant 
Ton coeur qui bat de l'aile si tristement 
Contre ton sein si dur si blanc.

 

Jacques Prévert

(1900-1977)

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01/07/2007

Le sommeil du condor

le timbre condor
 

Le sommeil du condor

 

Par-delà l'escalier des roides Cordillières,
Par-delà les brouillards hantés des aigles noirs,
Plus haut que les sommets creusés en entonnoirs
Où bout le flux sanglant des laves familières,


L'envergure pendante et rouge par endroits,
Le vaste Oiseau, tout plein d'une morne indolence,
Regarde l'Amérique et l'espace en silence,
Et le sombre soleil qui meurt dans ses yeux froids.


La nuit roule de l'est, où les pampas sauvages
Sous les monts étagés s'élargissent sans fin ;
Elle endort le Chili, les villes, les rivages,
Et la mer Pacifique, et l'horizon divin ;


Du continent muet elle s'est emparée :
Des sables aux coteaux, des gorges aux versants,
De cime en cime, elle enfle, en tourbillons croissants,
Le lourd débordement de sa haute marée.


Lui, comme un spectre, seul, au front du pic altier,
Baigné d'une lueur qui saigne sur la neige,
Il attend cette mer sinistre qui l'assiège :
Elle arrive, déferle, et le couvre en entier.


Dans l'abîme sans fond la Croix australe allume
Sur les côtes du ciel son phare constellé.
Il râle de plaisir, il agite sa plume,
Il érige son cou musculeux et pelé,


Il s'enlève en fouettant l'âpre neige des Andes,
Dans un cri rauque il monte où n'atteint pas le vent,
Et, loin du globe noir, loin de l'astre vivant,
Il dort dans l'air glacé, les ailes toutes grandes.

*****

Charles-Marie LECONTE DE LISLE (1818-1894)

(Recueil : Poèmes barbares)

 

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29/06/2007

Au temps où....

MAINS LUMIERE
 

Au temps où

 

Au temps où longuement j'avais souffert,
Où les heures m'étaient des pièges,
Tu m'apparus l'accueillante lumière
Qui luit aux fenêtres, l'hiver,
Au fond des soirs, sur de la neige.

Ta clarté d'âme hospitalière
Frôla, sans le blesser, mon coeur,
Comme une main de tranquille chaleur.

Puis vint la bonne confiance,
Et la franchise, et la tendresse, et l'alliance
Enfin de nos deux mains amies,
Un soir de claire entente et de douce accalmie.

Depuis, bien que l'été ait succédé au gel,
En nous-mêmes, et sous le ciel,
Dont les flammes éternisées
Pavoisent d'or tous les chemins de nos pensées,
Et que l'amour soit devenu la fleur immense
Naissant du fier désir
Qui sans cesse, pour mieux encor grandir,
En notre coeur se recommence
Je regarde toujours la petite lumière
Qui me fut douce, la première.

Emile Verhaeren (1855-1916)

(Recueil : Les heures claires)

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27/06/2007

A une passante

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A UNE PASSANTE

 

La rue assourdissante autour de moi hurlait.
Longue, mince, en grand deuil, douleur majestueuse,
Une femme passa, d'une main fastueuse
Soulevant, balancant le feston et l'ourlet ;

 

Agile et noble, avec sa jambe de statue.
Moi, je buvais, crispé comme un extravagant,
Dans son oeil, ciel livide où germe l'ouragan,
La douceur qui fascine et le plaisir qui tue.

 

Un éclair... puis la nuit ! --Fugitive beauté
Dont le regard m'a fait soudainement renaître,
Ne te verrai-je plus que dans l'éternité ?

 

Ailleurs, bien loin d'ici ! trop tard ! jamais peut-étre !
Car j'ignore où tu fuis, tu ne sais où je vais,
O toi que j'eusse aimée, ô toi qui le savais !

Charles BAUDELAIRE, Les Fleurs du mal (1857)

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18/06/2007

 RONDEAU - Charles d'Orléans

 

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Rondeau

 

Le temps a laissié son manteau
De vent, de froidure et de pluye,
Et s'est vestu de brouderie,
De soleil luyant, cler et beau.

Il n'y a beste ne oyseau,
Qu'en son jargon ne chante ou crie ;
Le temps a laissié son manteau
De vent, de froidure et de pluye.

Rivière, fontaine et ruisseau
Portent, en livree jolie,
Gouttes d'argent d'orfaverie,
Chascun s'abille de nouveau:
Le temps a laissié son manteau.

Charles d'ORLÉANS

19:53 Écrit par Elvane dans Général, poésies images | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |

A Granville en 1836 - V. Hugo

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A Granville, en 1836

Voici juin. Le moineau raille
Dans les champs les amoureux ;
Le rossignol de muraille
Chante dans son nid pierreux.

Les herbes et les branchages,
Pleins de soupirs et d'abois,
Font de charmants rabâchages
Dans la profondeur des bois.

La grive et la tourterelle
Prolongent, dans les nids sourds,
La ravissante querelle
Des baisers et des amours.

Sous les treilles de la plaine,
Dans l'antre où verdit l'osier,
Virgile enivre Silène,
Et Rabelais Grandgousier.

O Virgile, verse à boire !
Verse à boire, ô Rabelais !
La forêt est une gloire ;
La caverne est un palais !

Il n'est pas de lac ni d'île
Qui ne nous prenne au gluau,
Qui n'improvise une idylle,
Ou qui ne chante un duo.

Car l'amour chasse aux bocages,
Et l'amour pêche aux ruisseaux,
Car les belles sont les cages
Dont nos coeurs sont les oiseaux.

De la source, sa cuvette,
La fleur, faisant son miroir,
Dit: -Bonjour,- à la fauvette,
Et dit au hibou: -Bonsoir.-

Le toit espère la gerbe,
Pain d'abord et chaume après ;
La croupe du boeuf dans l'herbe
Semble un mont dans les forêts.

L'étang rit à la macreuse,
Le pré rit au loriot,
Pendant que l'ornière creuse
Gronde le lourd chariot.

L'or fleurit en giroflée;
L'ancien zéphir fabuleux
Souffle avec sa joue enflée
Au fond des nuages bleus.

Jersey, sur l'onde docile,
Se drape d'un beau ciel pur,
Et prend des airs de Sicile
Dans un grand haillon d'azur.

Partout l'églogue est écrite :
Même en la froide Albion,
L'air est plein de Théocrite,
Le vent sait par coeur Bion,

Et redit, mélancolique,
La chanson que fredonna
Moschus, grillon bucolique
De la cheminée Etna.

L'hiver tousse, vieux phtisique,
Et s'en va; la brume fond ;
Les vagues font la musique
Des vers que les arbres font.

Toute la nature sombre
Verse un mystérieux jour ;
L'âme qui rêve a plus d'ombre
Et la fleur a plus d'amour.

L'herbe éclate en pâquerettes ;
Les parfums, qu'on croit muets,
Content les peines secrètes
Des liserons aux bleuets.

Les petites ailes blanches
Sur les eaux et les sillons
S'abattent en avalanches ;
Il neige des papillons.

Et sur la mer, qui reflète
L'aube au sourire d'émail,
La bruyère violette
Met au vieux mont un camail ;

Afin qu'il puisse, à l'abîme
Qu'il contient et qu'il bénit,
Dire sa messe sublime
Sous sa mitre de granit.

 

Victor HUGO (1802-1885)
(Recueil : Les contemplations)


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Soleil couchant - J M de Heredia

Soleil Couchant

 

Les ajoncs éclatants, parure du granit,
Dorent l'âpre sommet que le couchant allume ;
Au loin, brillante encor par sa barre d'écume,
La mer sans fin commence où la terre finit.

 

À mes pieds, c'est la nuit, le silence. Le nid
Se tait, l'homme est rentré sous le chaume qui fume ;
Seul, l'Angélus du soir, ébranlé dans la brume,
À la vaste rumeur de l'Océan s'unit.

 

Alors, comme du fond d'un abîme, des traînes,
Des landes, des ravins, montent des voix lointaines
De pâtres attardés ramenant le bétail.

 

L'horizon tout entier s'enveloppe dans l'ombre,
Et le soleil mourant, sur un ciel riche et sombre,
Ferme les branches d'or de son rouge éventail.

 

 José-Maria de Heredia

(1842–1905)

17:12 Écrit par Elvane dans Général | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |

03/04/2007

Autour de mes chansons préférées " message personnel"

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Message personnel

 
Paroles: Françoise Hardy.
Musique: Michel Berger   1973
 

*******
Au bout du téléphone, il y a votre voix
Et il y a des mots que je ne dirai pas
Tous ces mots qui font peur quand ils ne font pas rire
Qui sont dans trop de films, de chansons et de livres


Je voudrais vous les dire
Et je voudrais les vivre
Je ne le ferai pas,
Je veux, je ne peux pas


Je suis seule à crever, et je sais où vous êtes
J'arrive, attendez-moi, nous allons nous connaître
Préparez votre temps, pour vous j'ai tout le mien
Je voudrais arriver, je reste, je me déteste


Je n'arriverai pas,
Je veux, je ne peux pas
Je devrais vous parler,
Je devrais arriver

Ou je devrais dormir


J'ai peur que tu sois sourd
J'ai peur que tu sois lâche
J'ai peur d'être indiscrète
Je ne peux pas vous dire que je t'aime peut-être

****
Mais si tu crois un jour que tu m'aimes
Ne crois pas que tes souvenirs me gênent
Et cours, cours jusqu'à perdre haleine


Viens me retrouver


Si tu crois un jour que tu m'aimes
Et si ce jour-là tu as de la peine
A trouver où tous ces chemins te mènent


Viens me retrouver


Si le dégoût de la vie vient en toi
Si la paresse de la vie
S'installe en toi
Pense à moi
Pense à moi

Mais si tu crois un jour que tu m'aimes
Ne le considère pas comme un problème
Et cours et cours jusqu'à perdre haleine


Viens me retrouver


Si tu crois un jour que tu m'aimes
N'attends pas un jour, pas une semaine
Car tu ne sais pas où la vie t'emmène


Viens me retrouver


Si le dégoût de la vie vient en toi
Si la paresse de la vie
S'installe en toi


Pense à moi
Pense à moi

Mais si tu...

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